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rainingpunks.com

DANS MA ZONE _ espace qui fait du bon sens

La farce de M. Tremblay

Publié le 6 Juin 2020 par SEBO

Un clown today

Un clown today

Tiré d'un essai sur la construction des néo-langages

(Thématique: à l'heure des dictatures ou comment la médiation culturelle, et son facteur d'équivalence - la médiocrité intellectuelle* - paraphrasent l'état actuel d'un monde en déclin)

Par SÉBØ,
Artiste transdisciplinaire, éducateur en arts appliqués et designer de contenus

Partons du principe, si vous le voulez bien, que dictat - d'un point de vue phylologique élémentaire - résonne selon l'imposition de formalités ayant trait à la langue d'abord, au parler, à l'opinion de quelqu'un. Ainsi, l'esprit fécond des feed** vers lesquels culminent l'ensemble de la pensée sociale actuelle, serait capable de transmuter le langage en métadonnées, d'ores et déjà constituées, celles-ci, du fractionnement, clivage nécessaire entre l'état politique et le peuple, entre la politique humaine et l'ingénierie manégeriale post-industrielle, nouveau goulag des clichés communistes exacerbés, et selon une ère désormais investie de tous les paramètres inhérents à l'hyper-panoptique.

Oui. Optique, panorama, hyper, voire même, dictature; voir très large, embrasser l'azur, en promettant châteaux en Sibérie et entrée gratuite au cinéma. Une société où le virtuel a finalement préséance sur nos moindres faits et gestes, téléphones portables à l'appui. Espaces luminophores faisant désormais partie intégrante du décor, de cette nouvelle sacralité des habitus modernes, des mondanités exclusives pour spécialistes du pyjama.

Revenons aux commandes des interactions générationnelles cette fois, et essayons de pénétrer ces coutûmes qui n'ont su trouver preneur, faute de passeurs culturels suffisamment extatique à l'idée de revendiquer le droit aux consultations populaires. Non pas celles poussées péniblement par des associations de tout accabis, mais des espaces de discussion cette fois, ou l'expert prends son trou, et l'éloge des patriarches s'amalgamme aux cris de joie d'une jeunesse fortunée. Là où le bas blesse; très précisément à la hauteur située entre l'abdomen et le creux de la gorge; un espace qui s'appelle coeur, parce que multiple, carrefour, puisque désintéressé.

Mais que faire alors, de tous ces nouveaux artistes, certificat et baccalauréat professionnel en poche, pour qui il est normal de maintenir un éloignement, soutenu, et soutenable face à l'autorité en place? De perpétrer des infractions au code moral, au risque de déstabiliser, un temps soit peu, ou d'accabler l'instant d'un flash, cette normalité subjective et désormais alliénante?

Bref, en reprenant les observations de visionnaires en communications de masse, et pour qui l'avènement d'un système de contrôle social s'édifie de façon exponentielle à travers les contextes signifiants, infiniment adaptables au potentiel multidirectionnels des outils vectoriels, les jeux sont faits, et rien ne va plus, très bien, de toute façon.

Mais qu'est-ce qui ne va plus? Serait-ce possible de croire dans un système qui n'a plus besoin de faire l'éloge de la fuite*, ou encore, de se soumettre irrévocablement aux astuces d'une société malade de gestion*, et pour qui le simple discours contribuerait à favoriser l'émancipation de l'esprit, plutôt que fueler espérances bureaucratiques, renégat d'autorité financière du nouvel Eldorado; des chefs et des directeurs de nano-entreprises, catalyseurs du numériques, d'un monde à l'envers, vraisemblablement en mode pause, question de bien huiler cet éveil de conscience à venir!

Conséquences directes d'une quête spatiale internationale, un peu trop précoce, mais dont la stabilité croissante repose sur une confiance désormais palpable, parmi les ressorts du langage trans-informatique, du désir sincère d'atteindre un standing social digne des plus beaux comptes personnels, des blogues les mieux avisés.

Qu'à cela ne tienne, puisque cette réflexion qui perdure depuis trente ans, dans mon esprit, se réfère toujours à la genèse suivante: l'idéologie sacrificielle néo-libérale. Rien de bien réconfortant au premier abord, mais élément saisissant dont les répercussions à venir laissaient déjà présager cette nécessité à quitter le doux confort du théâtre de boulevard, les midis ensoleillés des spectacles l'été, ou des toiles réalisées à l'écart, dans les corridors intemporels de la liberté, la vraie.

Permettez-moi encore, de couper dans le gras du sujet, messieurs, dames, afin de préciser les détails techniques, algorythmiques, qui tarrissent les sources mêmes du soi-disant ordre actuel: et oui, puisque vivre passionnément loin de l'instabilité n'a rien de très convaincant, hélas, et je dirais même plus (!) - Dupont et Dupont - que cette transcendance alimente désormais un marketing fou, et qui, suivant la logique implacable des nouvelles dictatures d'inspiration nord-américaine, contraint le consommateur à faire preuve d'éloquence parmi les nombreux projets créatifs d'intra-briefing, où l'insomniaque n'a que faire des instructions, des modalités et des lois qui l'asservissent face à cette foi désormais aveugle, ce système sans structure, sans repères, cet univers post-décadant.

Mais l'artiste, il fait quoi alors? Sa production n'est plus commentaire, mais matériau à décoder; sa plume évite l'absorption de soi (self-indulgment), mais contre-carre l'obsolescence des symboles programmés; ses mouvements de danseurs ne servent plus de delta aux nombreuses rivières de l'action, mais à cette urgence de regagner très précisément les frontières du moi, délaissées depuis trop longtemps parmi les temples de la mémoire; l'espion industriel, capable de jouer mille et un rôles au sein des structures institutionnelles et corporatives, et dont le mandat très sincère de bousculer l'ordre établi, nous convie simplement à revoir cette nostalgie d'un tic-tac auto-proclamant notre souveraineté sur le temps, sur l'espoir, et la joie.

Cette incursion, somme toutes, du côté de l'aphasie ou de la sclérose désormais acceptable de l'esprit, ne constitue en fait que les premiers balbutiements d'un essai sur le dialogue contemporain et actuel: entre l'Homme, et son ultime création, son univers, son créateur, lui-même.

Puisque l'effort de résistance se situe désormais dans le pavillon des intellectuels, donnons-leur la main, et tentons chers frères et soeurs de colmater la brèche, en limitant le colori impulsif, ou le camaïeu d'idées sur fond plutôt flou; redonner à César, son dû, ce n'est pas tant de payer ses impôts, non; c'est faire preuve de finesse en réfléchissant proprement sur un petit travail où tous et toutes son conviés; seriez-vous en mesure, oh vous qui êtes si généreux, de générer suffisamment d'espoir autour de vous?

Puisque la transdisciplinarité, très certainement, n'a rien de bien pertinent dans un dialogue de sourds, ou un conseil de soi-disant expert, vous qui demeurez là, près du fil à retordre, sur la balance du marchand et de son hyper marché; vous, oui vous! Auriez-vous au moins un quart d'heure pour réfléchir, non plus sur l'état du monde, mais plutôt de ce monde invisible, le vôtre, et dont vous êtes l'unique responsable?

Anotations :
Feed**: puisqu'il faut bien nourrir quelque chose;
Médiocrité intellectuelle: inciter, voire même, imposer de nouvelles normes auprès d'un groupe social, en misant sur le caractère moyen, ou faible, d'une compréhension d'usage nécessaire à l'affirmation citoyenne;
Lacan:
McLuan:
L'Éloge de la fuite:
La Société malade de gestion:
Idéologie sacrificielle néo-libérale:
...pour le reste, demandez à Grooble!!!

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