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rainingpunks.com

DANS MA ZONE _ espace qui fait du bon sens

MINOTAURE

Publié le 24 Novembre 2019 par SEBO

MINOTAURE

Chaque fois, nous avons construit nos maisons, remodelé nos corps après l'orage, traversé les dunes, par-delà les frontières, les barbelés, les corbeaux qui se jettent devant nous, postés aux dortoirs des heures aussi tardives que désespérance; à tout moment, et nous étions prêts à nous défendre, à résister peu importe l'assault, peu importe les frappes, et nos troupeaux décimés ; peu importe le temps, peu importe la matière, nos âmes sensibles, retenenir larmes, tristesse et lassitude; décors affublés de mystères où chaque drame accorde bienséance face à l'autel, le mal nous heurtant; nous étions même prêt à sacrifier nos fils et nos filles, offrandes à tous ces dieux de passage, à ces astres reliés  par les plus anciens, aux plus modernes, du plus fou au plus éloquents, convaincus à chaque étapes que nos destins croisent le fer pour élargir les espaces intérieurs, les chambres sacrées de nos tombeaux funéraires que seul l'expert, l'oeil avisé, est en mesure de distinguer, parmi les créneaux de l'oubli, l'ingéniosité d'un peuple, d'une destinée intergalactique, de cette déchéance même, perte d'autonomie qui rend le plus puissant des rois inepte, vil et désabusé; que seul un coeur  immaculé, ayant fait l'objet d'une dévotion quasi éternelle, puisse révéler à coups sûr l'étanchéité des voutes scellant l'anneau du Christ, les paramètres d'Allah, les fissures remplies d'échos, ce mur des lamentations; de cette féconde matière, opacité des réseaux caverneux, synapses, rêve paradoxal des fauves crachant au visage des valeureux guerriers, les chakras se rebellant, se triturant les uns contre les autres; résistance affaiblie des pores et clairvoyance obstruée par les velléités tribales, où s'attachent, depuis décadence, folie, les amarres des bateaux gallois, des pirogues extrême-orientales, et des porte-avions Charles DeGaules; confusion, passivité aléatoire des victoires olympiques et tous, bêtement, marchent pas à pas, troupes dissipées, dissidentes, nécrophores urbains, dont la chaleur critique et larvaire, fait basculer de quelques degrés l'axe terrestre, l'axe des territoires inhabituels où s'enfoncent péniblement chaque espèces, chaque civilisations en quête de suprématie, en quête d'oppression.  Voilà pourquoi les diktats ont tour à tour érigé des écrans  de contrôles, des cases provisoires parmi la foule (et les poules du poulailler), les jeux improvisés par les enfants, les repas refroidis, parce que la journée fut longue pour papa, qu'elle en fut tout au temps pour la mère, se prosternant, presqu'à plat ventre, car son mari la saoule, ses enfants pleurnichent, le dépanneur n'a plus de lait, de succédané pour le petit dernier, l'enfant prodige, l'enfant sauvage, mal aimé, puisque telle fut la destinée de ses frères, leurs histoires folles, immigrées de fil en aiguille, de cocaïne ou de valliums, la vie, toujours aussi dépressive, les arbres, toujours aussi secs.  Sentir parfois le dégoût, malgré la tendresse, l'écoute chaleureuse d'un doux baiser, apprivoiser sa faim, étudier l'espace, le néant qui nous habite et le créateur qui propose sans cesse une étape à franchir, l'abysse pour se déposséder.   Aimés, que nous sommes depuis le début, et contraints de rentrer à pied, malgré cette époque absurde, cette lourdeur assassine, cet amour incertain.  Franchir, le désert et les sombres couloirs du Minotaure, guidé cette fois par une jeune femme; guidé par les voiles et le Spee du catamaran, glissant, serein, sur les eaux de l'espoir retrouvé.


 

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